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Le secret de la Caramilk

Suite à ce fameux soir où vous avez sans doute mangé des bonbons en (trop) grande quantité et observé des phénomènes étranges et effrayants, cet article vous donnera des pistes de réflexion quant à la résolution du mystère le plus nébuleux du monde :

Comment insère-t-on le caramel dans la fameuse Caramilk ?

Mais avant, un peu d’histoire!

L’Anglais John Cadbury fonde en 1824 la compagnie portant son nom qui, à la base, vendait du thé, du café et du cacao. Peu à peu, l’entreprise gagne en popularité et, grâce à ses nouvelles recettes de traitement du cacao, elle finit par atteindre un niveau de production industrielle. En 1847, la compagnie s’installe dans une usine à Bournville (Birmingham, Angleterre). Cette même usine aurait inspiré l’auteur Roald Dahl pour son roman à succès Charlie et la chocolaterie. 

Cadbury devient une multinationale et se répand partout à travers le monde, mais c’est uniquement au Canada que seront commercialisées les légendaires tablettes de chocolat Caramilk. Introduite il y a aujourd’hui plus de 50 ans, elle reste la friandise chocolatée la plus vendue au Québec.

Cette sucrerie est devenue très populaire grâce à plus de 15 publicités faites à son sujet, chacune soulignant le fait que l’insertion d’un caramel liquide à l’intérieur d’une coque dure de chocolat est impossible. Bien évidemment, le mystère attisait l’esprit des consommateurs et des théories plus loufoques les unes que les autres ont été émises.

Publicité de la Caramilk avec un alien

Quand l’humain se met à penser…

Il suffit d’évoquer la notion de « mystère » pour voir de nombreuses hypothèses créer dans l’esprit des gens. Certains amateurs de Caramilk ont supposé l’inimaginable, comme utiliser une perceuse afin de trouer la coque chocolatée et y fourrer le caramel.
Toutefois, des procédés bien plus concrets ont été découverts. Voici les trois plus susceptibles d’être utilisés dans la conception de la Caramilk:

1. Un miracle de la chimie moderne

Il est aujourd’hui assez rare de lire la liste des ingrédients d’une barre de chocolat sans tomber sur le nom d’une molécule imprononçable à quatorze syllabes. En fait, il se pourrait bien que la réponse au secret de la Caramilk soit une substance bien particulière appelée enzyme. Qu’est-ce qu’un enzyme ? C’est simplement une protéine qui aide à catalyser (provoquer) une réaction chimique. En pâtisserie, une variété très précise d’enzyme, l’invertase, est souvent utilisée puisqu’elle permet de convertir le saccharose en glucose et en fructose. Ce mélange est alors appelé sucre inverti et il empêche la cristallisation du sucre. La théorie du procédé enzymatique consiste donc à insérer une pastille de caramel solide contenant des enzymes dans un moule de chocolat pré-fait et de recouvrir le tout d’une couche de chocolat. Après quelques jours d’entreposage, l’invertase finira par liquéfier le caramel, et le mystère est littéralement scellé!

Toutefois, ce procédé serait, selon plusieurs chimistes, plutôt employé dans le processus de confection de chocolats au centre mou comme la célèbre sucrerie Cherry Blossom.

2. Le coulage en plusieurs étapes

Ce procédé consiste à faire couler le chocolat, puis le caramel, et encore le chocolat, le tout entrecoupé de petites étapes de raffinage. Premièrement, le chocolat est versé dans un moule chaud, qui est ensuite renversé pour enlever l’excédent de chocolat. Par la suite, le moule est refroidi et raclé à l’aide d’un outil à bout rond pour former l’intérieur en coupole de la Caramilk. Deuxièmement, le caramel est déposé dans la coupole, puis le moule est à nouveau refroidi. La troisième et dernière étape est la suivante: une couche supplémentaire de chocolat est versée par-dessus le caramel, formant ainsi le fond de la tablette. Une lame s’occupe de racler la dernière couche afin de rendre le dessous lisse et retirer tout surplus de chocolat. Puis, la friandise est démoulée et prête à être emballée.

Cette technique de fabrication a été inventée par un chocolatier belge en 1886, et il est probable qu’elle ait longtemps été utilisée dans la conception de la Caramilk. Cependant, certains pensent qu’un procédé demandant des appareils plus modernes (comme présenté à l’hypothèse 3) serait davantage utilisé. Cette hypothèse semble probable, mais il ne faut pas négliger que tout le raffinage et le raclage répété, durant le processus de fabrication, gaspille une certaine quantité de chocolat.

3. Le coulage d’un trait

Cette technique consiste à faire couler le caramel et le chocolat d’un seul coup, dans un moule, avec uniquement une fraction de seconde de décalage. Tout d’abord, la chaîne de montage conduit un moule à Caramilk sous un tuyau. Celui-ci contient un autre tuyau d’un diamètre plus petit. Le tuyau le plus large est celui dans lequel circule du chocolat liquide, et le petit contient du caramel liquide. Le coulage du chocolat est amorcé une fraction de seconde avant celui du caramel, ce qui crée le dôme de la Caramilk. Ensuite, le caramel coule, formant ainsi le milieu liquide. Une fraction de seconde plus tard, le caramel cesse d’être versé et le chocolat recouvre le tout en complétant le dessous de la tablette. Pour empêcher le mélange des deux liquides, un procédé chimique est utilisé. Le chocolat est fait à base de beurre de cacao, donc de gras. Le caramel, quant à lui, est fait à base d’eau. Bien entendu, l’huile et l’eau ne se mélangent pas, ce qui permet à la Caramilk de garder onctueux uniquement son centre. Selon Christina Blais, une experte en chimie culinaire, ce serait cette technique qui est aujourd’hui utilisée.

Mystère et boule de gomme!

Pour conclure, même si certaines personnes semblent convaincues d’avoir résolu l’énigme de la Caramilk, les différentes méthodes nous montrent bien qu’un voile de mystère flotte et flottera toujours autour de la fabrication de cette célèbre friandise. La seule manière de découvrir la vérité serait d’entrer par infraction dans l’usine Cadbury Gladstone à Toronto, le seul endroit au monde où les fameuses tablettes sont produites… Méthode non-conseillée! Le bâtiment fabriquerait plus de 700 000 barres de Caramilk par jour! On est bien loin de la méthode individuelle à la perceuse…
Maintenant que vous avez une meilleure connaissance sur les procédés de fabrication de la Caramilk, la porte est ouverte à ceux qui tenteront d’en faire à la maison. En suivant les étapes de l’hypothèse 2, vous pourrez facilement, à l’aide d’un moule, de chocolat et de caramel, fabriquer vos propres Caramilk! Fini l’huile de palme (oui, la Caramilk, comme beaucoup d’autres produits au chocolat, en contient) et tous les autres produits chimiques douteux. Place à la qualité!
Voici un lien de l’émission Cuisine Futée, Parents Pressés qui explique plus en profondeur comment confectionner des chocolats.

Dorénavant, vous aurez la conscience tranquille en vous endormant, car le mystère le plus épais (sucré) de votre vie, aura été (un peu) éclairci!