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Bye bye 2019, Flop de fin d’année

Le 31 décembre dernier, comme la majorité des Québécois, j’étais confortablement installée devant la télévision, prête à visionner le Bye Bye 2019 et rire un bon coup en cette fin d’année mouvementée. La barre était haute une fois de plus, cette année, pour la 51ème édition de cette traditionnelle émission télé, en onde depuis la fin des années 60 au Québec. Bien honnêtement, je n’ai pas été pleinement rassasiée par ce spectacle. L’équipe de production a voulu éviter toutes controverses en ne parodiant aucun sujet chaud de l’année 2019, qui en était pourtant remplie… comme la loi sur la laïcité du Québec, Éric Lapointe devant la Justice, la tentative de destitution de Donald Trump et le scandale de SNC Lavalin. On a effleuré le sujet du BlackFace de notre président, pour ne pas choquer davantage les auditeurs, mais n’est-ce pas le but du Bye Bye après tout? 

 

Le Bye Bye débute fort souvent par un sketch franc et pimenté qui donne le ton pour la prochaine heure… Je ne considère pas la parodie de la publicité de la “mycose des ongles” comme faisant partie de cette catégorie. Ce premier clip était cocasse, mais ne l’était pas assez pour faire une entrée remarquée. Au contraire, elle en a répugné plusieurs. 

Quelques minutes plus tard, c’était à l’inoubliable sketch “du lait” de faire rire le Québec. Inoubliable non pas car je me suis tordue de rire en le visionnant, mais plutôt car celui-ci m’a rendue profondément inconfortable avec tous les cris stridents et le tapage inutiles. Bref, l’envie de changer de chaîne devenait pressante. Comme si nous n’en avions pas eu assez, près de 10 minutes des Coulisses du Bye Bye ont été consacrées à nous expliquer combien le plaisir de l’équipe de production et des acteurs avait été grand lors du tournage de cette scène. On les voit rire aux larmes et se bidonner devant un sketch supposément hilarant…

 

Mon cœur se brise de nouveau quand j’entends parler de la parodie d’A&W, qui n’en était pas une des burgers eux-mêmes, mais plutôt du pauvre ambassadeur de la chaîne de fast-food canadienne, Michel Olivier Girard. D’ailleurs, les Québécois ont sympathisé de tout cœur avec lui et M. Girard a reçu des excuses du producteur du Bye Bye. Une preuve que les couteaux volaient bas lors de ce Bye Bye et qu’il n’y a aucune solidarité entre les individus de la communauté artistique québécoise. Quel manque de classe flagrant!

Je considère le sketch sur l’influenceur comme un bijou! Celui-ci fait rire ma génération par sa franchise et son côté baveux, malgré qu’on ait poussé l’hyperbole à l’extrême en prétendant que les adolescents doivent porter une couche quand on leur retire leur téléphone intelligent! Je considère que les trois clics qui reprennent humoristiquement le vol de renseignements personnels des clients de Desjardins étaient complètement exagérés, mais avaient toutefois une pointe de vérité. Je lève mon chapeau aux techniciens qui ont œuvré pour faire du sketch des inondations à Sainte-Marthe-sur-le-Lac une totale réussite!

 

J’ai l’impression que Céline Dion est parodiée au Bye Bye, depuis que je l’écoute, sans n’avoir réellement marqué l’année. Céline représente une cible facile utilisée à outrance. Toutefois, je me dois de saluer la remarquable performance d’Anne-Élisabeth Bossé qu’elle interprétait à sa façon.

 

L’équipe de production a tenté de rajeunir l’image parfois un peu vieillotte du Bye Bye en invitant Mehdi Bousaidan à se joindre à la brochette d’acteurs afin d’interpeller davantage les millenials. Toutefois, Mehdi n’a reçu principalement que des rôles secondaires qui ne mettaient pas son grand talent à l’avant-scène. Je ne suis sans aucun doute pas la seule qui aurait voulu voir plus de Mehdi en Jagmeet Singh!

 

La “recette gagnante” à la base du Bye Bye depuis les 50 dernières années est-elle encore adaptée et fonctionne-t-elle toujours à notre époque où la censure et les droits individuels prédominent?