loader image

Skip links

Des premières grèves étudiantes pour le climat

Le vendredi 15 février, quelques centaines d’élèves du secondaire se sont mobilisées en après-midi afin de demander à leur gouvernement d’agir immédiatement pour freiner le réchauffement climatique. Cette marche pacifique s’inscrit dans le mouvement mondial des « Vendredis pour le futur » ou des « Grèves pour le climat ». Inspirés par l’adolescente suédoise Greta Thunberg, qui manifeste les vendredis devant le parlement de son pays, de plus en plus de jeunes sont sortis dans les rues pour leur avenir et celui de la planète.

Pour la première fois, des adolescents montréalais ont défilé dans les rues, revendiquant l’écoute de leur gouvernement. Pourquoi leurs voix ont-elles besoin d’être entendues ? Plusieurs l’ont nommé, dans leurs courtes prises de paroles, ils ont peur. Peur d’un avenir incertain où les catastrophes naturelles, les canicules et les crises de réfugiés climatiques seront là quotidiennement. Plusieurs expriment même leurs craintes quant à la possibilité d’avoir des enfants, une question qui ne se posait pas avant. Face à de tels questionnements, certains jugent qu’il est donc de leur devoir de ne pas aller à leurs cours.

“C’est montrer au gouvernement que notre futur passe par l’école, évidemment, mais que malheureusement, ce vendredi, le gouvernement va nous faire manquer nos cours pour notre futur”

            

Sara Montpetit, Organisatrices du mouvement montréalais

 

Débutant au parc Jeanne-Mance, la marche suivra le même trajet tous les vendredis, à 13h, et ce, juste qu’à temps que le gouvernement décide d’appliquer des actions concrètes afin de leur assurer un avenir. Même si cette grève pour le climat est la première au Canada, elle est loin d’être la seule au plan mondial puisque des écoliers, des élèves et des étudiants ont pris la rue dans le but de revendiquer leur droit à un environnement sain. Les jeunes du Royaume- Uni, de la Belgique, de l’Allemagne et de la Suède ont servi d’exemples aux élèves de la métropole québécoise.

 

Le 15 mars, les étudiants du CÉGEP et de l’université emboîtent le pas

Le regroupement « La Planète s’invite à l’Université » tente d’organiser une première grève afin d’exiger au gouvernement la mise en place d’ « une loi climatique forçant l’atteinte des cibles recommandées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur
l’évolution du climat », rapportait Alexandre Shields du quotidien Le Devoir. Le regroupement a appuyé, le 15 février, les élèves du secondaire en grève, les invitant à se joindre à eux le 15 mars. Pour l’instant, le mouvement rassemble des étudiants de l’Université du Québec à Montréal, de l’École de technologie supérieure, de l’Université Concordia, de l’Université McGill, de l’Université de Québec à Chicoutimi et de l’Université Laval à Québec. Des collégiens aussi y participeront. Pourquoi une grève?

“La grève est pertinente puisque c’est uniquement en établissant un rapport de force suffisant que le gouvernement et les établissements scolaires nous écouteront. Les grèves dérangent : elles ne peuvent pas être ignorées”

            

Louis Couillard, Organisateur du mouvement 

 

Un changement est nécessaire en matière de transition écologique lorsqu’on constate les chiffres. Certes, le gouvernement du Québec avait prévu réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici 2020, par rapport à celles de 1990. Par contre, selon le plus récent bilan de gaz à effet de serre (GES) disponible, celui de 2016, les émissions avaient été réduites de seulement 9,1 %.

Enfin, dans les prochaines semaines, les yeux seront rivés vers le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ). La plateforme électorale du parti nouvellement élu n’avait pas l’environnement comme priorité. Toutefois, les milliers d’étudiants qui planifient descendre dans les rues semblent penser le contraire. Réussiront-ils à se faire entendre ? C’est en temps et lieu que nous découvrirons si le gouvernement est tout ouïe.